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Droites extrêmes et droites radicales

Categorie(s) : Dossier, NRH, publié le 4 septembre 2012
NRH 62 Ledesma Ramos

Un formidable dossier de La NRH 62 – septembre-octobre 2012.

Les “droites radicales de 1900 à 1960”, sujet de notre dossier, un passionnant sujet d’histoire contemporaine propre à l’Europe. Mais d’abord il faut distinguer droite extrême et droite radicale. Extrémisme et radicalité ne sont pas synonymes. Alain de Benoist l’a souligné dans son livre Mémoires vives (Fallois, 2012, p. 87) : « L’extrémisme consiste à pousser jusqu’à l’absurde même les idées les plus justes… il est réducteur, simpliste, borné. […] La radicalité est tout autre chose. Elle implique de chercher toujours à comprendre plus loin, en remontant à la racine (radix) […]. Être radical, ce n’est pas seulement refuser le compromis, c’est s’intéresser aux causes lointaines […]. La recherche des principes premiers, la méditation sur les choses ultimes font partie de la radicalité. Ce qui exige d’être intellectuellement structuré ». Cette distinction éclaire notre dossier.

Pour commencer, il fallait remonter au premier courant intellectuel et politique de grande ampleur, l’Action française naissante. Dans l’étude qu’il en fait ici, Alain de Benoist montre un mouvement beaucoup moins conservateur qu’on n’imagine, attiré par Proudhon et Sorel (p. 35).

En historien curieux de tout, Jean-Joël Brégeon, fait découvrir ensuite une part méconnue de la personnalité de Winston Churchill, radical de droite à sa façon, longtemps admirateur de Mussolini (p. 40). Pour être complet, Guy Chambarlac retrace l’itinéraire d’Oswald et Diana Mosley, figures colorées d’un improbable fascisme britannique (p. 41).

Retour en France avec Olivier Dard pour un large tableau des intellectuels des années 30 sous l’emprise du fascisme (p. 42). À la même époque, l’Espagne connaissait des troubles intenses, prémices à la guerre civile. Parmi les acteurs du camp nationaliste, Jean-Claude Valla révèle le destin tragique de Ramiro Ledesma Ramos, l’inspirateur politique de José-Antonio (p. 46).

À cette époque, Toute l’Europe était en feu. Pour preuve les souvenirs ignorés d’Horia Sima, successeur de Codréanu à la tête de la Garde de Fer roumaine. En exil après la guerre, il a établi un bilan critique et stimulant du drame des nationalismes en Europe de 1920 à 1945 (p. 50). Simultanément, Charles Vaugeois évoque ce que furent vraiment Codréanu et la Garde de Fer avant 1940 (p. 52).

Dans l’article suivant, je prends la plume pour raconter ma rencontre avec Ernst von Salomon, peu avant la mort de l’auteur des Réprouvés (p. 54). Retour en France avec Antoine Baudoin qui montre le rôle majeur de la droite extrême aux origines de la Résistance (p. 58).

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Notre dossier se referme par une étude très neuve de Pauline Lecomte sur l’aventure des « soldats de la classe 60 », ces jeunes nationalistes qui ont ouvert une nouvelle page historique au lendemain de la guerre d’Algérie (p. 60).

Toutes ces études sont assorties de passionnants “encadrés” qui complètent l’information : un portrait de Georges Sorel par Julien Freund (p. 37) ; une définition claire des notions de droite, gauche et populisme (p. 38) ; l’interprétation actuelle de Mussolini et du fascisme par l’écrivain Maurizio Serra (p. 43) ; un portrait de Drieu la Rochelle par Robert Poulet (p. 44) ; celui de Bernanos par Roger Nimier (p. 45) ; une évocation du livre Les Réprouvés d’Ernst von Salomon (p. 56)… Cet ensemble est accompagné de nombreuses photos et  documents souvent inédits que je destine en priorité aux  lecteurs les plus jeunes.

En dehors de notre dossier, j’attire l’attention sur l’évocation que nous faisons (p. 10-11) des 10 ans de La NRH, avec un rappel de ce qui en fait une revue unique en son genre. Cela s’accompagne de la liste de nos 60 numéros et des 60 entretiens exceptionnels accordés par les plus grands historiens. J’attire aussi l’attention, dans ce n° 62, sur l’entretien qu’a réalisé Pauline Lecomte avec Jean Guilaine, archéologue, titulaire au Collège de France de la chaire des “Civilisations de l’Europe au Néolithique et à l’Âge du bronze”. Deux autres entretiens méritent un attention particulière pour ce qu’ils nous apprennent, celui de Jean-Louis Voisin, spécialiste de la Rome antique, consacré à “Alésia, César et Vercingétorix”, celui également d’un universitaire espagnol, Serafin Fanjul, arabiste réputé, qui met en pièces le mythe d’al-Andalus, comme modèle de civilisation et tolérance. Un quatrième entretien vaut aussi le détour, celui dans lequel Reynald Secher riposte à des attaques récentes de tenants de l’histoire officielle, qui nient le génocide vendéen. Bonne lecture en liberté !

 Dominique Venner

Notes

  1. Légende de l’ illustration : “Seuls les riches peuvent se permettre de ne pas avoir de patrie”. Ramiro Ledesma Ramos (1905-1936).