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Il y a 50 ans : la fin de l’Algérie des Français

Categorie(s) : Édito, Hors-Série, NRH, publié le 12 juin 2012

Edito du Hors-Série n° 4, Printemps-été 2012 – « L’Algérie, histoire d’une terre tragique »

L’Algérie fut une invention française. Elle doit sa relative unité à ses conquérants. Les Romains lui accordèrent l’appellation géographique de Numidie qui s’étendait à tout le Maghreb. À la suite des Romains et des Byzantins, les conquérants successifs donnèrent à diverses fractions de territoires plusieurs noms. Sous Louis XIV, pour la région d’Alger, on parlait d’un repaire de Barbaresques, et à la veille de la conquête française, le terme de Régence turque s’était imposé. Il fallut attendre une première instruction du ministère français de la Guerre, le 14 octobre 1838, huit ans après la prise d’Alger en 1830, pour suggérer l’emploi du mot « Algérie » en remplacement de toutes les dénominations antérieures. Une nouvelle instruction du 14 octobre 1839 officialisa définitivement la nouvelle appellation pour désigner les territoires soumis à la France.

Trois campagnes de Russie

Categorie(s) : Édito, NRH, publié le 15 mai 2012

Edito de la Nouvelle Revue d’Histoire n°60 – avril-mai 2012

L’histoire parallèle de la Russie et de l’Europe rejoint les commémorations de 1812 pour réveiller un passé oublié. Le hasard des millésimes et de troublantes similitudes imposent ainsi le rappel de 1942, l’année de Stalingrad, venant après l’opération Barbarossa de 1941.

À la tête de la Grande Armée, Napoléon traversa le Niémen le 24 juin 1812. Cent trente ans plus tard, à deux jours près, les Panzer d’Hitler en firent autant. Les conséquences furent plus lentes à venir, mais dans des proportions bien pires pour tous les belligérants. Quant aux causes, on sait qu’elles se ressemblaient étrangement. Faute de pouvoir atteindre l’Angleterre protégée par son insularité, les deux assaillants s’en prirent à la Russie, son allié principal sur le continent.

Pour qui sonne la diane du matin ?

Categorie(s) : Édito, NRH, publié le 3 mars 2012

Edito de la Nouvelle Revue d’Histoire n°59, mars-avril 2012

Quelques lignes dans la presse m’apprennent que, le 27 octobre 2011, le colonel Robert Jambon, commandeur de la légion d’Honneur, s’est tiré une balle dans la tête à Dinan, devant le monument aux Morts d’Indochine. Il ne s’était jamais pardonné d’avoir été contraint d’abandonner en 1954 les populations Moï des Hauts-Plateaux qu’il avait engagées, sur ordre, à combattre du côté français. Aujourd’hui, le peuple Moï est menacé de disparaître dans une indifférence générale. Les médias ne sollicitent les sentiments de leurs lecteurs qu’à l’égard des « bons » et des « méchants » étiquetés comme tels par les puissances suzeraines de la zone occidentale. La mort volontaire du colonel Robert Jambon n’a donc fait l’objet que d’entrefilets dans le flux des informations.

L’histoire serait-elle impartiale ?

Categorie(s) : Édito, NRH, publié le 6 janvier 2012

Edito de la Nouvelle Revue d’Histoire n°58, janvier-février 2012

Pour tous ceux qui avaient des raisons de combattre la Collaboration, celle-ci fut détestable.  Et de fait, ses aspects haïssables n’ont pas manqué. Pourtant, du côté français, mais aussi du côté allemand, des hommes d’honneur et de foi se sont engagés dans cette voie qu’ils croyaient juste et que l’histoire a condamné. Le plus souvent, ils ont payé leurs illusions au prix fort. Non seulement ils y ont fréquemment perdu la vie, leur liberté et leur existence sociale, mais plus encore la possibilité de faire valoir leurs raisons. Morts ou survivants, il leur fallait endurer une réprobation générale à l’égard d’un engagement réputé ignoble et devenu incompréhensible, L’interprétation imposée par la victoire de leurs adversaires triomphants était à la fois totale et totalitaire (1). En d’autres termes, l’histoire écrite par les vainqueurs impose un manichéisme absolu entre eux-mêmes qui sont associés au Bien, et les vaincus, devenus incarnation du Mal à tout jamais.

Sur la grandeur et la gloire

Categorie(s) : Édito, NRH, publié le 17 novembre 2011

Édito de la Nouvelle Revue d’Histoire n°57, novembre-décembre 2011

Nul souverain français n’a cultivé la jouissance et le spectacle de la puissance comme le Grand Roi. Suivant le mot qu’on lui prête, « le plus délicieux métier est celui de roi… » Par sa mère, Anne d’Autriche, princesse éduquée à la rigide cour d’Espagne, il avait appris les secrets de l’étiquette qui permettent de creuser une distance abyssale entre le Soleil et les astres de moindre rang. Tout jeune, il avait été initié par Mazarin au jeu des puissances et au maniement des hommes. Il pratiqua ensuite comme personne l’art de domestiquer la fière noblesse française par les chaînes de la vanité. Ainsi fut-elle condamnée à la futilité, un siècle avant d’être livrée à la guillotine.

La démocratie et la guerre

Categorie(s) : Édito, Hors-Série, NRH, publié le 15 octobre 2011

Edito du Hors-Série n°3, automne 2011 – La Guerre de Sécession

Depuis que les Etats-Unis d’Amérique ont imposée l’hégémonie mondiale du dollar, le mythe de la démocratie à l’américaine a été quasiment divinisé dans l’hémisphère « occidental », ce qu’Aristote s’était bien gardé de faire pour la démocratie antique. La démocratie américaine n’est pourtant rien d’autre qu’une oligarchie, comme le sont la plupart des systèmes politiques. Grâce peut-être au permanent sourire commercial de ses dirigeants, elle semble néanmoins parée de toutes les vertus en dépit de comportements peu vertueux. À cette « démocratie », associée de nos jours au libéralisme économique si fortement malmené par ses financiers, on prête des mérites exceptionnels. On affirme par exemple qu’elle est synonyme de paix et que jamais deux démocraties ne se font la guerre.

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