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Prussiens et Français. Différents et pourtant si proches…

Categorie(s) : Édito, NRH, publié le 3 juillet 2012

Edito de la Nouvelle Revue d’Histoire n°61 – juillet-août 2012

Français et Prussiens, un couple moins improbable qu’on ne le croit… Pour preuve en 1784, l’Académie de Berlin institua un prix pour récompenser la meilleure réponse à une curieuse question : « À quoi faut-il attribuer l’universalité de la langue française ? » Antoine de Rivarol obtint le prix. Le travail pour lequel il avait concouru lui valut également une flatteuse épître de Frédéric le Grand. Ce dernier parlait et écrivait le français beaucoup mieux que l’allemand, langue qu’il réservait, disait-il, à ses chevaux. Retenons  que, cinq ans avant la Révolution française, la Prusse, en la personne de son monarque et de ses meilleurs esprits, voyait dans la France comme une sœur aînée. Cette sympathie admirative fut écornée par les conquêtes napoléoniennes, sans cesser vraiment, au moins dans la partie éclairée des deux nations.

Lettre sur l’identité à mes amis souverainistes

Categorie(s) : Réflexions, publié le 26 juin 2012

Quand on appartient à une nation associée à Saint Louis, Philippe le Bel, Richelieu, Louis XIV ou Napoléon, un pays qui, à la fin du XVIIe siècle, était appelé « la grande nation » (la plus peuplée et la plus redoutable), il est cruel d’encaisser les reculs historiques répétés depuis les lendemains de Waterloo, 1870, 1940 et encore 1962, fin ignominieuse de la souveraineté française en Algérie. Une certaine fierté souffre nécessairement.

Dès les années 1930, beaucoup d’esprits français parmi les plus audacieux avaient imaginé trouver dans une Europe à venir en entente avec l’Allemagne, un substitut à cet affaiblissement constant de la France. Après la catastrophe que fut la Seconde Guerre mondiale (qui amplifiait celle de 14-18), naquit un projet légitime en soi. Il fallait interdire à tout jamais une nouvelle saignée mortelle entre Français et Allemands. L’idée était de lier ensemble les deux grands peuples frères de l’ancien Empire carolingien. D’abord par une association économique (la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier), puis par une association politique. Le général de Gaulle voulut concrétiser ce projet par le Traité de l’Elysée (22 janvier 1963), que les Etats-Unis, dans leur hostilité, firent capoter en exerçant des pressions sur la République fédérale allemande.

Lendemains d’élections. Réfléchir un peu.

Categorie(s) : Actualité, Réflexions, publié le 19 juin 2012

Il n’est pas dans mes habitudes de commenter des élections. Celles qui se sont déroulées en France depuis la présidentielle de mai 2012 présentent cependant une vraie nouveauté. On peut définir celle-ci comme la manifestation d’une conscience accrue du problème n°1 de notre temps : le « remplacement » des populations de souche par l’immigration de masse arabo-musulmane. Les images des drapeaux africains et maghrébins agités place de la Bastille le soir du 6 mai 2012 pour saluer la victoire du candidat socialiste, ont rappelé les images, dix ans auparavant, de la réélection de Chirac après son duel inégal avec un Le Pen diabolisé comme jamais.

Les conditions sont toutefois très différentes. La personnalité moderne et « apaisante » de Marine Le Pen n’a pas favorisé la même mobilisation contre son mouvement après son score très honorable de 17,9 % des voix au premier tour de l’élection présidentielle du 10 juin. Avec 6,4 millions de voix lors de ce scrutin, le FN se pose comme le troisième parti de France. Une loi électorale cousue sur mesure pour maintenir les oligarchies en place interdit une nouvelle fois que les 6,4 millions d’électeurs du FN soient représentés à l’Assemblée nationale, sinon par deux élus, contre des centaines pour les partis oligarchistes : UMP et socialistes (associés au Front d’extrême gauche).

Il y a 50 ans : la fin de l’Algérie des Français

Categorie(s) : Édito, Hors-Série, NRH, publié le 12 juin 2012

Edito du Hors-Série n° 4, Printemps-été 2012 – « L’Algérie, histoire d’une terre tragique »

L’Algérie fut une invention française. Elle doit sa relative unité à ses conquérants. Les Romains lui accordèrent l’appellation géographique de Numidie qui s’étendait à tout le Maghreb. À la suite des Romains et des Byzantins, les conquérants successifs donnèrent à diverses fractions de territoires plusieurs noms. Sous Louis XIV, pour la région d’Alger, on parlait d’un repaire de Barbaresques, et à la veille de la conquête française, le terme de Régence turque s’était imposé. Il fallut attendre une première instruction du ministère français de la Guerre, le 14 octobre 1838, huit ans après la prise d’Alger en 1830, pour suggérer l’emploi du mot « Algérie » en remplacement de toutes les dénominations antérieures. Une nouvelle instruction du 14 octobre 1839 officialisa définitivement la nouvelle appellation pour désigner les territoires soumis à la France.

Pour respirer en politique et ailleurs

Categorie(s) : Réflexions, publié le 5 juin 2012

Oui, nous éprouvons souvent le besoin d’aller respirer ailleurs quand l’air ambiant est saturé de médiocrité. C’est à quoi je songeais en lisant l’intelligent petit livre que Francis Bergeron vient de consacrer à Maurice Bardèche, un nom à retenir et à retrouver, associé à une vie exemplaire. L’itinéraire de Maurice Bardèche (1907-1998) fut celui d’un intellectuel de haut niveau que son amitié pour son beau-frère, Robert Brasillach, projeta dans un engagement de fidélité absolue après l’exécution de ce frère, le 6 février 1945. Maurice Bardèche est emblématique de ce qu’en politique, j’appelle le « corps mystique » des hommes de foi, par opposition aux hommes de pouvoir. Bardèche n’a jamais fui les conséquences de ses engagements. Il poussa même la fidélité jusqu’à la provocation, se prétendant par exemple “fasciste” après 1945, alors que cela n’avait plus de signification, sinon rétrospective. Curieux fasciste en vérité, que cet esprit fin, érudit, amoureux des lettres, empreint de gentillesse, qui ne se s’engagea sous le fantôme des faisceaux qu’après leur défaite.

Sur la Nouvelle Droite et Alain de Benoist

Categorie(s) : Actualité, Réflexions, publié le 30 mai 2012

Écrit sous forme de réponses à des questions de François Bousquet, un nouveau livre d’Alain de Benoist se veut une sorte de bilan intellectuel mêlé à de nombreux souvenirs portant notamment sur la généalogie familiale et l’enfance de l’auteur, déjà lecteur boulimique, allergique aux sports. Il se définit lui-même comme un esprit encyclopédique et même un collectionneur compulsif de livres et d’idées. À le lire, on découvre qu’il avait les aptitudes d’un très grand universitaire jonglant avec talent entre les systèmes de philosophie politique brillamment décrits. Il dit parfois son ambition d’affirmer une « conception du monde » (Weltanschauung), sans que celle-ci apparaisse clairement sous sa plume de théoricien quelque peu désenchanté.

On sait que le nom d’Alain de Benoist est étroitement associé au courant de pensée de la Nouvelle Droite (ND), « cette belle aventure de l’esprit » issue de l’aventure d’Europe Action et de la Fédération des Étudiants nationalistes à qui tout un chapitre du livre est consacré.

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